In order to bring you the best possible user experience, this site uses Javascript. If you are seeing this message, it is likely that the Javascript option in your browser is disabled. For optimal viewing of this site, please ensure that Javascript is enabled for your browser.

Traitements

Traitements

Traitements

 

Le traitement de la fibrillation auriculaire peut être constitué de médicaments pour traiter l'arythmie elle-même (médicaments antiarythmiques), d'un traitement interventionnel ou de médicaments pour traiter les risques associés à la fibrillation auriculaire (p. ex. un AVC par des médicaments qui fluidifient le sang ou « anticoagulants » oraux).

 

Quels sont les médicaments qui fluidifient le sang ?

Il existe différents types de médicaments pour fluidifier le sang. Les anticoagulants prescrits chez les patients atteints de cardiopathie non valvulaire et de fibrillation auriculaire sont les suivants : les antivitamines K et les nouveaux anticoagulants oraux ou NACO. Ces derniers sont aussi appelés « anticoagulants oraux d'action directe » : (ACOD) ou anticoagulants oraux non antivitamine K.

  • Si le patient doit subir une intervention chirurgicale, y compris une chirurgie dentaire, il doit prévenir le chirurgien qu'il prend des anticoagulants.
  • Si le patient prend un médicament qui fluidifie le sang, chaque fois qu'un nouveau médicament lui est prescrit ou qu'il achète des médicaments, il est important qu'il demande à son médecin ou à un pharmacien s'ils sont compatibles. En particulier avec d'autres médicaments qui fluidifient le sang comme l'aspirine.
  • C'est le médecin qui décide quel type d'anticoagulation un patient doit recevoir. Certains patients peuvent ne pas être de bons candidats pour un NACO alors que pour d'autres, un NACO peut être plus efficace pour diminuer le risque d'AVC, avec un risque comparable ou inférieur d'hémorragie cérébrale (saignement dans le cerveau).

 

Antivitamines K

Warfarin (coumarin), Acenocoumarol, Phenprocoumon, Fluindione

Les antivitamines K sont les plus anciens anticoagulants et les plus utilisés dans le monde. Ils diminuent la capacité du sang à former des caillots. Ces caillots se forment lorsque des cellules sanguines et d'autres substances forment une masse solide à l'intérieur d'un vaisseau sanguin. Des facteurs de coagulation interviennent également dans ce processus. Les antivitamines K empêchent certains de ces facteurs de coagulation d'agir, ce qui rend plus difficile la formation de caillots. On dit également qu'ils « fluidifient le sang ». Cet effet des antivitamines K sur les facteurs de coagulation réduit efficacement le risque d'AVC.

 

Qu'est-ce qui est important lorsqu'on est sous antivitamines K ?

Des analyses de sang doivent être pratiquées régulièrement afin de vérifier leur effet fluidifiant sur le sang, qui est mesuré par ce que l'on appelle « l'INR » ou « international normalized ratio » (rapport normalisé international). Selon le résultat de cette mesure, la posologie des médicaments sera adaptée à chaque patient. Cette analyse de sang doit impérativement être réalisée régulièrement afin de s'assurer que la posologie prescrite est correcte et ne présente aucun risque. La posologie utilisée peut être différente d'une personne à l'autre et d'une période à une autre pour une même personne.

INR testing

 

Chez les personnes qui ne prennent pas d'anticoagulant, le sang coagule lorsque l'INR se situe aux environs de 1.

Pour réduire le risque d'AVC chez les patients en fibillation auriculaire, l'INR doit se situer entre 2 et 3.

Un antivitamine K ne doit jamais être arrêté sans avoir préalablement consulté le médecin.

 

Quelles sont les précautions à prendre lorsqu'on est sous antivitamines K ?

Éviter de consommer trop d'alcool.

Les aliments qui sont riches en vitamine K peuvent diminuer l'efficacité des médicaments qui fluidifient le sang. Si l'alimentation du patient est riche en vitamine K, il doit probablement prendre plus de médicament qui fluidifie le sang. Le tableau ci-dessous indique les aliments pauvres et riches en vitamine K. (Voir Tableau 1 plus bas). Les remèdes à base de plantes nécessitent une attention particulière. Il est impératif de demander l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien avant de commencer un traitement à base de plantes.

Tableau 1.

Aliments PAUVRES en vitamine K Aliments RICHES en vitamine K

Artichaut
Asperge
Banane
Haricot
Betterave
Carotte
Chou-fleur
Céleri
Coriandre
Maïs
Aubergine
Haricot vert
Poivron vert
Champignon
Oignon
Panais
Pois
Concombre pelé
Pomme de terre
Citrouille
Radis
Chou rouge
Courges d'été
Patate douce
Tomate
Navet

Avocat
Feuille d'amarante
Brocoli
Chou de Bruxelles
Chou
Huile de colza
Chayotte
Ciboulette
Salade de chou
Chou cavalier
Feuille de coriandre
Endive
Conserve de poisson à l'huile
Pois chiche
Chou vert
Thé vert
Chou frisé
Kiwi
Lentille
Laitue
Foie
Mayonnaise
Feuille de menthe
Feuille de moutarde
Natto (haricots de soja fermentés)
Feuille de morelle noire
Okra
Huile d'olive
Persil
Pourpier
Algues
Huile de soja
Soja
Épinard
Côte de bettes
Infusion de fèves tonka
Fanes de navets
Boissons à base de jus de légumes (V8)
Cresson
Poudre d'herbe de blé

 

Nouveaux (ou Non antivitamine K) AntiCoagulants Oraux (NACO)

Dabigatran (Pradaxa or Pradax), Rivaroxaban (Xarelto), Apixaban (Eliquis), Edoxaban (Lixiana or Savaysa)

Les NACO ont été mis sur le marché en 2008-2009 et depuis, ils ont été utilisés et testés avec succès chez des milliers de patients souffrant de fibrillation auriculaire, dans la prévention des AVC. Ces médicaments contrent directement l'action d'un facteur de coagulation, avec une efficacité comparable, voire supérieure, aux antivitamines K dans la prévention des AVC. Ils peuvent être utilisés sans qu'il soit nécessaire de contrôler l'INR et ils n'interagissent pas avec certains aliments, d'autres médicaments et l'alcool. Le dabigatran et l'apixaban se prennent deux fois par jour, tandis que le rivaroxaban et l'edoxaban peuvent se prendre une fois par jour. Il est extrêmement important de prendre le NACO tous les jours, en respectant la posologie prescrite par le médecin.

Chez les patients traités par un NACO, la fonction rénale doit être surveillée par un médecin. En cas d'atteinte sérieuse de la fonction rénale, le médecin peut diminuer la dose d'anticoagulant ou arrêter complètement le traitement.

 

Effets secondaires des anticoagulants oraux

L'effet secondaire le plus fréquemment observé avec les anticoagulants est l'hémorragie. Dans la plupart des cas, le saignement est sans danger. Des saignements mineurs, tels qu'une ecchymose ou un petit saignement de nez peuvent se produire. Environ 1 à 2 % des personnes sous anticoagulant présentent des épisodes hémorragiques plus graves pouvant nécessiter une transfusion sanguine et l'interruption du traitement anticoagulant. L'effet secondaire hémorragique le plus grave associé à un médicament anticoagulant est l'hémorragie cérébrale, ou « hémorragie intracrânienne ». Si le risque d'hémorragie associé à votre anticoagulant vous inquiète, parlez-en à votre médecin. Votre médecin évaluera votre risque d'AVC, ainsi que votre risque hémorragique si vous prenez un anticoagulant.

Le médecin peut calculer le score de risque hémorragique avant de proposer la prise d'un anticoagulant. Le score HAS-BLED est un exemple de score de risque hémorragique très largement utilisé.

 

Évaluation du risque hémorragique sous anticoagulant

Cliquez ici pour un calculateur en ligne

 

Contrecarrer l'action d'une anticoagulation orale

En cas d'hémorragie grave chez un patient traité par anticoagulant oral, un antidote peut s'avérer nécessaire.

L'antidote des antivitamines K est la vitamine K elle-même. L'effet de la vitamine K doit être contrôlé plusieurs heures après sa prise par la mesure de l'INR. S'il reste trop élevé, une autre dose de vitamine K doit être administrée.

Pour l'un des NACO : le dabigatran (Pradaxa), un antidote est également disponible. Il s'agit de l'idarucizumab (Praxbind) et il a été mis sur le marché en 2015. Il suffit d'une dose de cet antidote pour contrecarrer totalement l'effet du dabigatran et rétablir une coagulation sanguine normale. Pour les autres NACO, il n'y a pas d'antidote médicalement disponible, mais ce sera probablement le cas dans un avenir proche.

 

Dispositifs de fermeture de l'auricule gauche (AG)

La fibrillation auriculaire conduit à une contraction auriculaire inefficace, à un faible débit et à une stagnation du sang dans les oreillettes. Cette stagnation du sang peut favoriser la formation de caillots, généralement dans une poche en forme de doigt située dans l'oreillette gauche, appelée auricule gauche. Ces caillots peuvent obstruer d’importantes artères et provoquer des AVC. Comme la plupart des caillots se forment dans l'auricule gauche, on procède à son excision ou à sa fermeture, principalement pour réduire le risque d’AVC ischémique.

Pour les patients qui ne peuvent pas prendre d’anticoagulants oraux du fait du risque hémorragique, le médecin peut obstruer ou fermer l’auricule gauche, en ponctionnant la veine fémorale au niveau du pli de l’aine pour acheminer le dispositif de fermeture. Un dispositif en forme de douille est placé replié dans l'auricule, puis il est déployé afin de l'occlure totalement, voire de le fermer. La procédure est réalisée sous sédation ou sous anesthésie générale. Des médicaments doivent être combinés pour éviter la formation de caillots pendant 3 mois après la procédure ; ils peuvent ensuite être réduits et se limiter à un seul médicament. Des études récentes ont permis de constater que cette technique offre une protection contre l’AVC similaire à celle de l’anticoagulation orale classique, bien que des complications immédiates puissent être associées à la procédure d’implantation.

 

Différence entre contrôle du rythme et contrôle de la fréquence

Le contrôle du rythme signifie que le patient et son médecin ont décidé d'obtenir et de maintenir un rythme sinusal normal. Lorsque cette stratégie échoue ou n'est pas envisageable, la présence d'une fibrillation auriculaire doit être acceptée car elle est inévitable et il peut être important de diminuer la fréquence cardiaque. On parle alors de contrôle de la fréquence.

 

Médicaments utilisés pour réduire les épisodes de fibrillation auriculaire (contrôle du rythme) :

Les médicaments utilisés pour réduire ou supprimer les épisodes de fibrillation auriculaire sont appelés « antiarythmiques ». 

Les médicaments antiarythmiques les plus couramment utilisés sont :

  • flecainide
  • amiodarone
  • propafenone
  • disopyramide
  • dronedarone
  • sotalol

Les antiarythmiques modifient l'activité électrique de certaines cellules du cœur. La production et la transmission des signaux électriques coordonnent le pompage du muscle cardiaque. Un traitement antiarythmique peut contribuer à prévenir la récidive de fibrillation auriculaire, mais il ne garantit pas qu'il n'y aura plus d'épisodes. Il faut parfois essayer plusieurs antiarythmiques avant de trouver le mieux adapté et certains antiarythmiques ne conviennent pas à tous les patients. Le médecin choisit l'antiarythmique le plus approprié en fonction des autres maladies dont souffre le patient ; par exemple, s'il est atteint d'une cardiopathie ischémique (rétrécissement des artères du cœur) ou d'une insuffisance cardiaque (pompage insuffisant du cœur). Certains antiarythmiques, comme l'amiodarone, peuvent avoir des effets secondaires graves ; c'est pourquoi le médecin effectue une surveillance régulière pour vérifier qu'il n'y a pas de problèmes de toxicité. Par mesure de sécurité, il est parfois nécessaire de faire une prise de sang (au niveau du bras) pour vérifier l'action du médicament. Le médecin aide le patient à choisir l'antiarythmique le mieux adapté en lui présentant en détail les bénéfices et les effets secondaires éventuels.

 

Médicaments utilisés pour ralentir la fréquence cardiaque (contrôle de la fréquence) :

Plusieurs médicaments, présentés en comprimés, peuvent contribuer à ralentir la fréquence cardiaque en cas de fibrillation auriculaire ; c'est au médecin de choisir le médicament le mieux adapté à chaque patient.

Les principaux types de médicaments généralement utilisés pour ralentir la fréquence cardiaque sont :

  • Les digitaliques
  • Les bêtabloquants (par exemple : bisoprolol, métoprolol, aténolol)
  • Les inhibiteurs calciques (par exemple : diltiazem, verapamil)

Dans un grand nombre de cas de fibrillation auriculaire, un comprimé suffit pour ralentir la fréquence cardiaque mais certains patients doivent prendre deux comprimés ou plus pour retrouver une fréquence cardiaque acceptable.

Les digitaliques, comme la digoxine, sont utilisés depuis plus d'un siècle et peuvent diminuer des fréquences cardiaques très élevées. Ces médicaments sont très efficaces, en particulier chez les patients qui n'ont pas une grande activité physique. Ils peuvent toutefois être moins efficaces pendant un effort. C'est l'une des raisons pour lesquelles un autre type de médicament, appelé bêtabloquant  est souvent utilisé chez des patients plus jeunes et/ou plus actifs. Les bêtabloquants ne conviennent pas toujours, en particulier aux patients asthmatiques, chez qui les inhibiteurs calciques, comme le diltiazem ou le vérapamil, pourront être mieux adaptés. Le médecin tiendra compte de la situation globale du patient pour choisir le ou les traitements les mieux adaptés pour contrôler sa fréquence cardiaque.

 

La cardioversion électrique 

Si le patient présente un épisode de fibrillation auriculaire symptomatique qui ne répond pas à des médicaments antiarythmiques, son médecin peut proposer une technique appelée cardioversion électrique. visant à rétablir un rythme cardiaque normal (rythme sinusal). Cette technique, généralement programmée à l'avance, consiste à envoyer un choc électrique au cœur. L'impulsion électrique est suffisamment forte pour arrêter brièvement tous les signaux électriques produits par le cœur et laisser le régulateur cardiaque naturel, « le nœud sinusal », reprendre le contrôle de la fréquence cardiaque.

La cardioversion électrique est pratiquée en milieu hospitalier avec un appareil appelé défibrillateur, qui est essentiellement une batterie informatisée très puissante. Le choc électrique est transmis par deux électrodes adhésives de grande dimension fixées sur le thorax. Les électrodes sont habituellement placées sur la poitrine et sur le dos, ou sur les côtés droit et gauche du thorax.

Cardioversion Electrique sur un patient

Avant la cardioversion, le patient reçoit une injection de produit anesthésique visant à l'endormir car l'intervention est un peu désagréable. Cette anesthésie lui permet de ne rien sentir pendant la cardioversion elle-même. Si le premier choc électrique ne rétablit pas un rythme cardiaque normal (rythme sinusal), un deuxième choc est utilisé avec une impulsion électrique légèrement plus forte. La cardioversion n'est normalement pas douloureuse mais souvent, les zones de fixation des électrodes peuvent être un peu sensibles pendant un ou deux jours.

Il faut savoir que même après une cardioversion réussie (votre rythme cardiaque est redevenu un rythme sinusal normal), la fibrillation auriculaire peut réapparaître. Cela se produit dans environ un cas sur deux, au cours de la première année suivant la cardioversion. La probabilité de récidive de la fibrillation auriculaire dépend de plusieurs facteurs mais elle est plus élevée si d'autres problèmes cardiaques sont présents (cela inclut l'hypertension artérielle) et si la fibrillation auriculaire est installée depuis plus d'un an.

Il est aussi possible de réaliser une cardioversion en utilisant certains médicaments qui contrôlent le rythme. On parle alors de cardioversion pharmacologique car le choc électrique est remplacé par un médicament pour tenter de rétablir un rythme cardiaque normal. Ce traitement est également pratiqué en milieu hospitalier. Le médicament est injecté par perfusion dans une veine du bras et la fréquence cardiaque du patient est surveillée pendant toute la durée du traitement.

Avant de subir une cardioversion, qu'elle soit électrique ou pharmacologique, le patient doit prendre un anticoagulant  (pour fluidifier le sang), pendant au moins 3 semaines. Sinon, avant la cardioversion, une échocardiographie transœsophagienne doit être pratiquée pour exclure la présence de caillots sanguins dans le cœur. Le traitement anticoagulant devra également être poursuivi pendant au moins 4 semaines après la cardioversion en prévention d'un AVC. En fonction de son risque global d'AVC, le patient devra éventuellement poursuivre un traitement anticoagulant à vie.

 

Ablation par cathéter de la fibrillation auriculaire

Ablation (isolation des veines pulmonaires, IVP)

Les veines pulmonaires sont des vaisseaux qui relient les poumons à l'oreillette gauche afin de ramener le sang enrichi en oxygène dans le cœur. Le muscle auriculaire se prolonge sur une courte distance (environ 5 cm) du corps de l'oreillette gauche dans les veines pulmonaires. Chez les patients en fibrillation auriculaire, l'activité électrique de ces prolongements musculaires est rapide et non contrôlée par l'activité normale du cœur. Ces décharges électriques anormales, qui résultent d’interactions complexes, produisent une activité électrique rapide (400 à 650 battements par minute) et irrégulière et des contractions mécaniques correspondantes inefficaces dans l’oreillette.

La propagation de l’activité électrique anormale qui trouve son origine dans les veines pulmonaires peut être stoppée par inactivation irréversible/destruction des cellules à la jonction entre les veines pulmonaires et l’oreillette gauche, de telle sorte qu'elles ne puissent pas conduire les signaux électriques. Les cellules à la jonction des veines pulmonaires peuvent être inactivées par la chaleur (à plus de 55 °C mais à moins de 80-90 °C) ou par le froid (à moins de -50 °C) ou encore par chirurgie cardiaque.

Par de petites ponctions dans le pli de l'aine, le médecin introduit plusieurs cathéters dans la veine fémorale et les pousse sous radioscopie jusque dans l’oreillette droite. Pour atteindre l’oreillette gauche, le médecin utilise un long cathéter à aiguille pour ponctionner la paroi qui sépare l’oreille gauche de l’oreillette droite, puis introduit le ou les cathéters dans l'oreillette gauche.

 

Ablation par cathéter de radiofréquence (ACRF)

La technique la plus courante utilise un courant alternatif haute fréquence (environ 550 KHz) délivré par un cathéter souple muni d'une électrode en métal à son extrémité. Le passage du courant chauffe un faible volume de tissu à plus de 55 °C, selon l'intensité du courant et le contact avec le tissu. Chaque petit volume de tissu inactivé (coagulé) est une « lésion ». Une série de lésions contiguës s'étendant sur toute l'épaisseur du tissu et formant un cercle à la jonction des veines pulmonaires crée une barrière électrique qui isole les veines pulmonaires de l’oreillette gauche sans endommager l’intégrité physique des tissus. D'où son nom d'isolation des veines pulmonaires par ablation par cathéter de radiofréquence (ACRF).

Au cours de l’intervention, le médecin introduit deux cathéters dans l’oreillette gauche, l’un pour enregistrer les signaux au niveau des veines pulmonaires cibles, l’autre pour délivrer le courant RF à l’emplacement souhaité et pour y enregistrer les signaux. Il est guidé par une reconstruction de l’anatomie et de la forme des veines pulmonaires et de l’oreillette gauche.

Il vérifie l’isolation électrique qui se manifeste par la disparition permanente des signaux électriques dans les veines pulmonaires et les cathéters sont ensuite retirés.

Figure 2. Image d'une ACRF.

 

Ablation par cryothérapie

Pour l'isolation des veines pulmonaires par cryoballonnet, un ballonnet dégonflé spécial (cryoballonnet) est introduit dans l’oreillette gauche, puis gonflé et placé au niveau de l’abouchement des veines pulmonaires. Un produit réfrigérant pressurisé est injecté dans le ballonnet pour le gonfler, ce qui permet d’absorber la chaleur et de produire de très basses températures, d’adhérer au tissu et de le congeler à la circonférence du ballonnet. Lorsque la congélation est suffisante, le ballonnet est réchauffé, dégonflé et déplacé vers une autre veine pulmonaire, puis l’ablation est répétée. Lorsque le ballonnet est au contact de la jonction des veines pulmonaires avec l’oreillette gauche, la cryolésion circulaire résultante produit l'isolation des veines pulmonaires.

 

Quelle que soit la technique utilisée, l'isolation des veines pulmonaires est réalisée sous anesthésie générale et ventilation artificielle ou sous sédation puissante avec une respiration spontanée. Après la cardioversion, un pansement compressif est appliqué sur le pli de l’aine et le patient est ramené dans sa chambre ; il sort de l’hôpital le lendemain. De retour chez lui, il peut rapidement reprendre une vie normale au bout de quelques jours. Le traitement anticoagulant (pour éviter la formation de caillots) devra généralement être poursuivi pendant au moins 8 semaines après la cardioversion. D’autres médicaments sont souvent prescrits pour contrôler le rythme et la fréquence cardiaque.

Figure 3. Image d'une PVI par cryoballonnet.

 

Complications de l'isolation des veines pulmonaires

La complication la plus courante est le saignement au niveau du site de ponction dans le pli de l'aine, où une collection de sang partiellement coagulé se forme sous la peau ou plus en profondeur dans les tissus et produit une bosse, un nodule ou un hématome souvent sensibles au toucher ou douloureux. La compression manuelle et le repos au lit parviennent normalement à stopper le saignement et la collection disparaît progressivement en quelques semaines. Si une bosse apparaît subitement, s'agrandit ou devient douloureuse au niveau du site de ponction, le patient doit consulter son médecin.

Un caillot peut se détacher de l’oreillette gauche et migrer dans des artères principales du cerveau, des yeux, des membres, des reins, etc., ce qui bloque l’apport en oxygène et provoque la mort des tissus. Un AVC, des lésions oculaires, rénales ou des membres peuvent alors se produire. Une anticoagulation adéquate pendant 3 à 4 semaines avant la cardioversion, durant la procédure et après celle-ci, a considérablement réduit l’incidence de ces complications à moins de 1 %. La plupart des médecins pratiquent également des échographies spéciales de l’oreillette gauche en passant par l’œsophage, afin de s’assurer de l’absence de caillot avant la cardioversion. Dans certains cas, un médicament peut être utilisé pour dissoudre un gros caillot ou l’artère obstruée peut être réouverte en introduisant un ballonnet dans le caillot pour rétablir la circulation du sang.

Dans environ 1 à 2 % des cas, une hémorragie interne peut survenir, généralement dans l'enveloppe qui entoure le cœur, du fait de l'endommagement de la paroi du cœur. Elle peut provoquer un état de choc, le cœur étant incapable de faire circuler suffisamment de sang dans l’organisme. Dans la plupart des cas, une aiguille peut être utilisée pour introduire un cathéter dans l'enveloppe (péricarde) entourant le cœur et drainer le sang. C’est généralement suffisant pour rétablir la circulation normale, mais dans le cas contraire, il faut recourir à la chirurgie.

Des tissus à l’extérieur du cœur peuvent être endommagés, tels que les nerfs et l'œsophage. Le nerf du diaphragme (un muscle important pour la respiration) peut être endommagé, le plus souvent lors d’une ablation par cryothérapie, et provoquer un essoufflement, mais les lésions disparaissent généralement spontanément en quelques semaines ou quelques mois. Les nerfs innervant l’estomac peuvent aussi être endommagés, ce qui se manifeste généralement par des ballonnements et une sensation de lourdeur abdominale, mais ces symptômes disparaissent également en quelques semaines.

La chaleur ou le froid introduits dans le cœur peuvent endommager l’œsophage, qui est situé juste derrière la paroi postérieure de l’oreillette gauche. Bien que cette complication soit rare (environ 1 cas sur 4 000), un conduit artificiel créant une communication entre le cœur et l’œsophage peut se former et entraîner une infection grave, un AVC, voire la mort du patient. La meilleure façon d'éviter cette complication est de limiter l’agression thermique à proximité de l’œsophage.

La présence d'une trop grande quantité de tissu cicatriciel au niveau de l’abouchement d'une ou de plusieurs veines pulmonaires peut conduire à un rétrécissement suffisant pour interrompre la circulation du sang. Cette complication se manifeste généralement par une toux, un essoufflement et parfois la présence de sang dans les crachats, des semaines après la cardioversion. Ce rétrécissement peut être traité par ballonnet ou endoprothèse (stent) et peut être évité en faisant en sorte que les lésions d’isolation ne soient pas à proximité de l’abouchement des veines pulmonaires mais près de l’oreillette gauche.

 

Implantation d'un stimulateur cardiaque combinée à l'ablation du nœud auriculo-ventriculaire et du faisceau de His

Au lieu de tenter de rétablir un rythme cardiaque régulier normal en supprimant la fibrillation auriculaire, le médecin peut régulariser et ralentir la fréquence cardiaque en bloquant la transmission des impulsions électriques rapides des oreillettes aux ventricules. Pour éviter de trop ralentir la fréquence cardiaque, un stimulateur est généralement implanté quelques jours avant cette procédure. Ensuite, à l'aide d'un cathéter de radiofréquence, le faisceau électrique reliant les oreillettes aux ventricules est cautérisé pour empêcher que la fibrillation rapide n’affecte la fréquence cardiaque. Le pouls est artificiellement régularisé par le stimulateur cardiaque, malgré la fibrillation auriculaire qui est toujours présente. En revanche, le pouls est régulier, les palpitations ont disparu et le patient bénéficie d'une meilleure qualité de vie. La fonction cardiaque peut aussi être améliorée.

Cette procédure est cependant irréversible et le stimulateur cardiaque ne peut pas être retiré car le patient ne peut pas s’en passer. Contrairement à l'IVP, cette procédure est simple, rapide et ne nécessite pas de matériel complexe.